Prendre La Route...avec Clem et Adrien

Journal de bord en Syrie 🇸🇾 : un passage par Damas

Itinéraire de notre voyage en Syrie sur Polarsteps

Publié il y a 12 mois par Clémence et Adrien

Jamais, oh grand jamais, nous n'aurions imaginé passer un jour par la Syrie. Ni que c'était possible de le faire en 2022. Et encore moins durant ce voyage.

Et pourtant, les rencontres et les aléas du voyage sans avion nous ont amenés dans ce pays à l'histoire aussi riche que difficile.

Comment sommes-nous arrivés là ? Qu'avons-nous découvert ? On te raconte tout !

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Jour 265 🇹🇷 - Message d'amis voyageurs

Revenons quelques jours en arrière...

Urfa, Turquie le 26 octobre 2022

Ayant fait demi-tour en Iran en octobre dernier, nous n'avons plus vraiment de solution pour atteindre la Chine sans prendre l'avion. Il faut soit traverser la Russie, ce qui est bien plus difficile depuis la guerre, soit trouver d'autres routes par le sud. De notre côté, nous avons décidé de nous rendre à Chypre et d'y rester jusqu'à ce que la traversée de l'Iran soit à nouveau possible. En attendant, nous profitons au maximum des derniers jours qu'il nous reste en Turquie.

La journée durant, nous sommes allés de frustration en frustration. Cela a commencé par les deux heures d'attente pour prendre le bus jusqu'à Göbekli Tepe. Puis, sur le retour le chauffeur nous a déposés à plusieurs kilomètres de chez nous en empruntant une route différente de l'aller à notre grande surprise. Et finalement notre hôte, très peu présent, semble tout faire pour nous éviter (c'est bien la première fois que ça nous arrive en Turquie).

Le soir venu, un message audio vient chambouler nos perspectives.

Message de Frieder :

« Hey guys,

Today we decided to dive very deep in our pockets to take the ferry to Lebanon. We booked kind of a two days transit from the lebanese border to the jordan border, through Damascus. [...] We are excited to cross Lebanon and to see Beyrouth, but also to visit Damascus. Apparently the south is pretty safe.

Tell me if you want to join us on this trip! »

Traverser la Méditerranée, le Liban, puis la Syrie pour rejoindre la Jordanie ? Le plan paraît insensé et pourtant il nous séduit immédiatement.

C'est d'accord !

Jours 283 à 284 🇸🇾 - Deux jours et une nuit à Damas

Marj, Liban le 13 novembre 2022

Une vingtaine de jours plus tard et plusieurs centaines de kilomètres plus loin, c'est le grand jour. Avant de prendre la route pour cette folle aventure, présentons l'équipe.

Nous voyageons bien sûr avec Amira et Frieder, que nous avons rencontré quelques mois auparavant lors de notre volontariat au Gipsy village en Géorgie. Ils souhaitent rejoindre l'Afrique par la route. En chemin, ils ont fait la rencontre de Laura, une belge flamande, qui parle un chouia arabe depuis son passage en Jordanie il y a quelques mois.

Tous ensemble, nous avons passé une nuit glaciale dans une petite cabane à 20 kilomètres de la frontière. Walid, le beau-frère de notre hôte, est venu ensuite nous chercher au petit matin à bord de son bus scolaire pour nous y amener.

À l'intérieur du bus magique de Walid

De Marj, Liban Ă  Damas, Syrie le 13 novembre 2022

Qui pouvait parier qu'il y aurait autant de monde à la frontière libano-syrienne ? Pas nous. Nous comprenons vite que des centaines de Libanais cherchent à obtenir leur tampon de sortie du territoire. Ils sont là pour passer la journée à Damas et ses alentours, un peu comme on irait en Allemagne faire des courses. Nous voilà donc tous les cinq, à essayer de faire des pieds et des mains pour obtenir nous aussi le précieux sésame.

Une heure plus tard, après avoir changé six fois de file d'attente, nos passeports sont enfin tamponnés. Reste désormais à rejoindre le pendant syrien de la frontière. Or il se trouve à une dizaine de kilomètres, de l'autre côté d'un col qui culmine à 1300 mètres d'altitude. Toute la zone est une sorte de no man's land militarisé.

L'avantage d'avoir attendu aussi longtemps, c'est que nous avons pu discuter avec pas mal de Libanais. Un groupe d'entre eux nous propose de monter dans leur bus privatisé. L'ambiance est à la fête. Chicha, thé, café et volume au maximum, 8h du mat' ils sont déjà à fond.

Arrivés côté syrien, nous tombons sur Sana. Dynamique, joviale et parfaitement bilingue, elle sera notre guide pour deux jours. C'est elle qui a organisé ce séjour. Accompagnée de notre chauffeur qui connaît tout le monde, Sana va de bureau en bureau afin de valider notre visa d'entrée. C'est bien plus simple ainsi. De toutes façons, sans agence, pas de voyage possible en Syrie.

Une fois les formalités effectuées, nous embarquons dans un grand van jusqu'à la capitale, Damas, où nous passerons les deux prochains jours.

Damas, Syrie le 13 novembre 2022

Les paysages défilent et pourtant, c'est bien difficile de réaliser que ça y est, nous sommes en Syrie. La sensation est étrange tant le pays nous paraissait inaccessible il y a seulement quelques semaines.

Premier constat. La route est en bien meilleur état que du côté libanais. Second constat, l'heure a changé. Troisième constat, le paysage change. Nous quittons rapidement vallées et petites montagnes, pour arriver en moins d'une heure dans les faubourgs de Damas. La ville s'étend au pied du mont Qasioun à 1151 mètres d'altitude. De la fenêtre du van, je remarque qu'un peu comme à Tabriz en Iran, Damas ne semble pas posséder d'immenses tours. Tous les bâtiments des alentours ne mesurent pas plus de cinq étages.

Sana nous interpelle au bout d'un moment pour nous montrer des murs de pierre de trois ou quatre mètres de haut, qui servent de base pour des habitations plutôt anciennes. Elle nous explique que la vieille ville est ceinte d'une muraille encore debout. Nous roulons jusqu'à la porte Saint-Thomas, Bab Touma en arabe, qui s'ouvre sur le quartier chrétien. Il s'agit d'une des sept portes historiques de Damas.

Il y en a de l'animation ici. Nous descendons du van car il ne peut pas passer dans les ruelles étroites de la ville. Nos sacs sur le dos nous continuons à pied. Des dizaines de taxis, de vélos et de piétons vont et viennent dans tous les sens autour de nous. Tout le monde vit sa vie. Les quelques habitants qui nous remarquent s'empressent de nous saluer en anglais.

« Welcome to Syria ! »

Un homme nous accueille à son tour dans un anglais parfait. Il s'agit de Bahaar, le propriétaire de l'agence de voyage Golden Travel, avec qui Sana travaille et qui s'est occupé de toutes les démarches administratives. Nous le suivons jusqu'à notre hôtel en empruntant des ruelles étroites pavées, parfois encombrées par des vendeurs de fruits et légumes et leurs clients.

Avant de venir, nous ne pensions pas que la ville historique serait aussi bien préservée, ni que la vie semblerait aussi normale. Nous ne nous attendions à rien de toutes façons. La surprise est totale et il nous tarde d'en voir plus.

Pour la première fois de ce voyage, nous n'avons aucune idée de là où nous allons dormir. La surprise est totale lorsque nous passons pour la première fois les portes de l'hôtel Al-Zaytouna. Et quelle surprise ! Nous venons d'arriver dans une cour intérieure rectangulaire. De nombreuses plantes luxuriantes poussent un peu partout et une jolie fontaine coule en son centre, apportant beaucoup de calme et de sérénité aux lieux. En levant les yeux, je constate que la cour est entièrement couverte d'une baie vitrée. Des escaliers partent de part et d'autre de la porte d'entrée. Ils mènent à un ensemble de chambres situées dans les étages supérieurs. Des coussins et des tables ont été installés et plusieurs personnes sont en train de savourer leur petit-déjeuner. L'ensemble est très luxueux, nous avons l'impression d'être des voyageurs de marque au temps des caravanes.

Le très bel hôtel Al-Zaytouna

Hélas, nous ne pouvons pas nous prélasser car Sana nous a préparé un programme d'enfer. Passage obligé avant d'en voir plus, le petit déjeuner. Malgré l'heure matinale, 11h30 (il faut compter une heure de moins que notre horloge biologique), nous savourons de succulents shawarmas. Si tu ne connais pas, c'est l'équivalent des kebabs turcs. Nos amis Syriens ne nous avaient pas menti en disant que les shawarmas de Damas étaient les meilleurs du Moyen-Orient. Les végétariens du groupe optent quant à eux pour de très bons falafels dans une sorte de rue gourmande, quelques rues plus loin.

Shawarma et glace de Damas (voir plus bas)

Au bout de la rue, nous contournons le plus vieux café de la ville. Toutes les tables sont occupées, chichas et cafés arabes sont de mise. Nous notons l'adresse pour plus tard.

Ambiance de rue

Nous poursuivons notre chemin jusqu'au symbole de Damas, la Grande Mosquée des Omeyyades. Les filles entrent dans une pièce afin d'enfiler une sorte de tchador marron. Nous entrons dans un premier temps dans un petit mausolée où est enterré le sultan Salah ad-Din, plus connu sous le nom de Saladin.

Durant son règne, Saladin dirigea l'Égypte et les régions de Damas et Alep. Son plus grand fait d'arme fut la reconquête de Jérusalem en 1187. S'ensuivit la troisième croisade menée par les rois de France Philippe Auguste, d'Angleterre Richard Coeur de Lion et l'empereur germanique Frédéric Barberousse, qu'il combattit âprement jusqu'à obtenir la paix de Jérusalem.

Sahn de la Grande Mosquée des Omeyyades

Le moment est ensuite venu d'entrer dans la mosquée à proprement parler. Son immense sahn, le nom donné à la cour des mosquées, est éblouissant. Le soleil, haut dans le ciel, se reflète sur ses dalles blanches parfaitement lustrées. L'ensemble des bâtiments forme un rectangle d'où s'élèvent quatre minarets, tous uniques.

En entrant, on ne peut pas s'empêcher de ressentir tout le sacré des lieux. Le culte des religions se succède ici depuis des millénaires. La mosquée se situe en effet à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Jean-Baptiste, elle-même construite sur un ancien téménos romain dédié à Jupiter. La grande salle de prière est tout aussi grande et belle avec ses tapis rouges et ses vitraux colorés. Elle contient un petit temple abritant les reliques de Jean le Baptiste, saint chrétien et prophète musulman.

À l'intérieur de la Grande Mosquée des Omeyyades

On peut le dire, la visite de cette mosquée est sans nul doute l'un des point d'orgue de notre voyage.

Façade byzantine de la Grande Mosquée des Omeyyades L'entrée du souk se trouve juste en face de la Grande Mosquée des Omeyyades. Il est couvert d'un toit sombre voûté, percé de trous qui laissent passer des rayons de lumière. Il y a tellement de monde à l'intérieur que nous avons du mal à avancer sans jouer des coudes.

Partout autour de nous, les damascènes déambulent une glace blanche surmontée d'éclats de pistache à la main. Impossible de les manquer. D'un commun accord, nous succombons à notre tentation et demandons à Sana s'il est possible d'en commander. Elle nous amène tant bien que mal devant le glacier. Une glace pour deux, cela fera l'affaire. Il s'agit plus de gourmandise que de vraie faim. Nous nous réfugions entre deux étals pour la savourer, évitant ainsi le flot des visiteurs.

Grand souk de Damas

Un délice qui appelle désormais un café. Sana nous amène jusqu'à un ancien caravansérail, le khan Assad Pasha. L'intérieur, construit en couches alternées de pierres grises et noires, nous rappelle énormément les khans de Diyarbakir. Nous nous imaginons au temps des caravanes, lorsque les marchands et leurs dromadaires, exténués par une longue marche à travers le désert, trouvaient du repos en ces lieux. Je les comprends aisément. Les lieux sont calmes, bien que nous ne soyons qu'à deux pas du souk.

Dans un ancien caravansérail

Sana nous raconte son histoire. Née dans la région de Tartous, au bord de la mer, elle est venue à Damas pour faire des études. Au plus fort de la guerre civile syrienne, elle a aidé les familles à faire face à cette terrible épreuve. Elle a donné des cours aux enfants et monté des pièces de théâtre avec les plus jeunes.

Alors qu'une grande partie de la Syrie a été détruite par de violents affrontements entre différentes factions, le président Assad et son armée se sont retranchés dans la capitale pour la défendre. Sana nous raconte la vie sous les bombardements, les pénuries, les immeubles détruits et les vies brisées. Cependant, la vie quotidienne a toujours continué à Damas. Les Syriens ne voulaient pas se laisser gagner par la peur.

Par la suite, nous revenons tranquillement dans notre quartier en empruntant la rue Medhat Basha. L'ambiance est bien plus paisible une fois sortis du souk et nous prenons le temps de nous arrêter au gré de nos envies dans des fabriques de tapis, des galeries d'art et des boutiques de savon.

Ambiance de rue

Au détour d'une rue, nous apercevons un clocher sur notre gauche. Il s'agit de la cathédrale Mariamite, une des plus anciennes églises grecque orthodoxe de Damas et siège du patriarcat d'Antioche depuis 1342. Antérieure à la conquête musulmane, elle fut construite et reconstruite au fil des ans. Sa dernière rénovation date des années 1950. Sana nous y amène et négocie avec le gardien un tour à l'intérieur. Les églises orthodoxes nous avaient habitués à beaucoup de faste, en comparaison celle-ci est sobre et harmonieuse.

Nos pas nous amènent ensuite à la chapelle Saint-Ananias. Pour la visiter, il faut descendre un petit escalier et s'enfoncer sous terre. C'est à la lueur des bougies que nous découvrons les fresques décrivant l'histoire de Saint-Ananias.

La cathédrale Mariamite et la chapelle Saint-Ananias

Après une telle journée, nous ne rêvons que d'une chose : nous reposer. D'autant plus que la nuit vient de tomber. De retour à l'hôtel, nous nous écroulons sur nos lits. Une petite heure suffit à nous remotiver. Nous avons rendez-vous dans un excellent restaurant où Sana a commandé pour nous différents mezzes. Les plats s'enchaînent, tous plus délicieux les uns que les autres, et nous nous interrogeons. Aurons-nous assez d'argent liquide pour tout payer ?

Belle tablée

Damas, Syrie le 14 novembre 2022

Le réveil pique un peu ce matin, les derniers jours ont été très intenses. Encore un effort, une dernière matinée à Damas nous attend avant de reprendre la route. Le déjeuner est plutôt typique de la région, houmous, confiture et pain plat. Nous le complétons avec des croissants achetés en ville. Non pas que nous ayons faim, mais qui peut résister à un croissant après tant de mois loin de France ?

Nous sommes un peu stressés car l'entrée en Jordanie est conditionnée par l'obtention d'un QR Code en ligne. Or nous ne l'avons pas encore reçu. La technologie n'a pas toujours que du bon.

Les copains, des croissants et Bahaar

Quoi qu'il en soit, Sana nous embarque pour une visite du Palais Azem. Nous découvrons une immense cour intérieure baignée de bassins et d'arbres fruitiers. C'est beau ! On découvre les trois ensembles de bâtiments. L'un est réservé aux hommes, l'autre aux femmes et le dernier aux domestiques. Aujourd'hui, le tout a été transformé en musée et nous permet de nous imprégner de l'ambiance et de la vie de l'époque.

Palais Azem

Les nuages se font de plus en plus menaçant. Nous accélérons le pas et arrivons juste avant le déluge. Bahaar nous retrouve à l'hôtel. Seuls nos deux QR codes sont arrivés. Nous sommes toujours assez stressés car nous savons que l'entrée sur le territoire jordanien depuis la Syrie n'est pas une mince affaire. Mais Bahaar nous rassure, tout va bien se passer. Frieder, Laura et Amira refont une demande sur leurs téléphones pour obtenir le précieux QR code. Inshallah, nous espérons qu'ils arriveront d'ici à notre arrivée à la frontière.

DĂ©part sous la pluie

C'est le moment de dire au revoir à Sana d'abord. Ce petit bout de femme nous a fait découvrir sa ville de la meilleure des manières. On s'en souviendra longtemps. Et puis Bahaar ensuite, sans qui ce voyage n'aurait pas été possible.

Nous le suivons tous les 5 sous une pluie battante. Déjà une bonne heure que l'orage éclate et l'eau s'accumule sous nos pieds. Nous montons dans un petit van taxi. Il doit nous amener à notre chauffeur jordanien qui nous attend à une bonne dizaine de kilomètres de là.

De Damas, Syrie Ă  Amman, Jordanie le 14 novembre 2022

Rien n'est simple. Alors que nous roulons sur le périphérique, le moteur du véhicule s'arrête à quelques mètres d'un checkpoint militaire. Impossible de redémarrer. Nous descendons tous les cinq du van et poussons le van sur l'autoroute afin d'essayer de le faire repartir. Rien n'y fait, nous sommes bloqués. Les militaires, compréhensifs, nous indiquent de garer le van sur le bas côté pour ne pas gêner la circulation.

L'heure tourne, nous contactons Bahaar avec le téléphone du chauffeur pour l'informer de la situation. Il nous rassure une nouvelle fois et nous explique qu'il vient nous chercher au plus vite. Après de très longues minutes d'attente, il débarque avec non pas un, mais deux taxis afin de prendre le relais.

S'ensuit une longue route jusqu'Ă  une station essence oĂą nous faisons la rencontre de notre chauffeur final. Nous prenons place Ă  bord de son GMC plutĂ´t luxueux oĂą des parts de mana'ich nous attendent. DĂ©licieux.

La route jusqu'à la frontière est particulière. De longues plaines s'étirent à l'horizon, entrecoupées de villages très pauvres. Nous nous arrêtons plusieurs fois afin de passer des barrages militaires. Ils sont plus intéressés par notre chauffeur, qui distribue quelques billets à chaque arrêt, qu'à nous. Étrange. La région frontalière a connu de violents affrontements il y a moins de cinq ans, comme en témoignent les impacts de balles sur les murs et les bâtiments en ruine que nous croisons.

Nous arrivons enfin au poste frontalier. La sortie du territoire syrien est très simple. Ce n'est pas le cas de la partie jordanienne. Fouille du véhicule et passage des bagages aux rayons X, c'est du sérieux. Heureusement pour nous, un jeune douanier sympathique s'est donné pour mission de nous aider. Il nous accompagne aux différents guichets et fait la traduction arabe-anglais pour nous. Un grand merci.

Une fois tout en règle, nous remontons en voiture. Notre chauffeur, avec qui on a bien sympathisé, nous propose de nous amener chez lui boire un thé. Il habite en effet dans le village de Ar Ramtha, non loin de la frontière. Comment refuser une si gentille proposition ?

Nous débarquons dans l'immeuble familial. Il nous présente à sa femme et ses enfants, mais aussi à ses frères et soeurs et à ses parents qui habitent tous le même immeuble. L'heure tourne, il est déjà 19h30. Nous repartons en direction de la capitale jordanienne Amman. Cette fois-ci, c'est son frère qui a pris le volant.

Pause chai chez notre chauffeur

Une petite heure plus tard, nous descendons Clémence et moi au rond-point de Paris. Cela signe la fin de ce périple à travers la Syrie. Nous avons dit au revoir aux autres au fur et à mesure qu'ils descendaient. Frieder et Amira en pleine campagne, Laura à une auberge de jeunesse.

De l'autre côté de la route, une jeune allemande nous fait de petits signes de main. C'est Aileen, notre hôte pour quelques jours. Une nouvelle aventure en Jordanie commence !

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Merci d'avoir lu jusqu'au bout ❤️

Comme tu l'as compris, le voyage se poursuit en Jordanie, entre rencontres et paysages incroyables.

Plus qu'un blog voyage, nous partageons nos péripéties au fur et à mesure de notre aventure comme on les vit, avec passion et sincérité. Si tu veux nous adresser quelques mots, tu peux nous contacter sur nos pages Instagram : Clémence et Adrien.

Clémence et Adrien