Prendre La Route...avec Clem et Adrien

Journal de bord en Albanie du sud đŸ‡ŠđŸ‡±

Itinéraire de notre périple en Albanie sur Polarsteps

PubliĂ© il y a plus d’un an par ClĂ©mence et Adrien

AprÚs avoir découvert le trÚs montagneux Monténégro, notre route vers la muraille de Chine nous mÚne en Albanie, un pays dont on a trÚs peu entendu parler, réputé pour la gentillesse de ses habitants. En avant =)

🌍 | Journal de bord de notre voyage sans avion

🚀 | Sur la route depuis fĂ©vrier 2022

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Jours 46 Ă  49 đŸ‡ŠđŸ‡± - Berat, la ville aux fenĂȘtres sur fenĂȘtres

Berat, Albanie le 21 mars 2022

Nous revoilĂ  une semaine plus tard au mĂȘme terminal de bus qu'Ă  l'aller, sauf que cette fois-ci, nous continuons notre route vers le sud. Paradoxalement en Albanie, c'est plutĂŽt simple de trouver son bus dans le chaos des gares routiĂšres, car il y a toujours quelqu'un pour t'aiguiller. On ne sait pas pourquoi, mais les terminaux de bus sont toujours des hauts lieux de rencontres. Peut-ĂȘtre parce que les locaux savent qu'il y aura toujours un voyageur avec qui taper la discute. En moins d'une minute, nous voilĂ  donc assis dans notre bus pour Berat alors qu'il y avait bien une centaine de bus garĂ©s lĂ , prĂȘts Ă  partir.

Nous arrivons à destination vers 14h. La gare routiÚre se situe à environ 4 kilomÚtres du centre-ville mais puisqu'il fait beau, nous décidons de rejoindre notre logement à pied. « Welcome to Albania », nous disent quelques jeunes croisés sur la route. Le séjour à Berat est lancé.

Pont en pierre de Gorica

Nos consignes sont simples : une fois arrivĂ©s devant le Conad, le supermarchĂ© local, nous devons contacter les parents de Ilir, notre hĂŽte, pour qu'ils viennent nous chercher. Ce dernier travaille en Italie et ne pourra pas ĂȘtre lĂ  pendant notre sĂ©jour. Mais comment faire lorsqu'on n'a pas de rĂ©seau mobile ni de tĂ©lĂ©phone ? Dans ce cas de figure, les Wi-Fi publics, ou ceux des bars et restaurants sont nos meilleurs amis. AprĂšs plus d'un mois de voyage, on a appris Ă  les demander systĂ©matiquement. En Albanie, il n'y a mĂȘme pas besoin de consommer. Les Albanais nous aident volontiers. Notre problĂšme se rĂ©sout donc sur le toit terrasse d'un hĂŽtel voisin.

Suzanna et son mari nous accueillent chaleureusement avec un bon cafĂ©. La petite cour, arborĂ©e et dĂ©corĂ©e avec goĂ»t, me rappelle un peu le jardin de ma grand-mĂšre. On se sent Ă  la maison. Une fois installĂ©s, nous profitons des lumiĂšres dorĂ©es de cette fin de journĂ©e pour flĂąner dans le centre-ville Ă  la dĂ©couverte des mille fenĂȘtres.

Berat et ses mille fenĂȘtres, quartier Gorica

Enchantés par cette ville classée à l'UNESCO depuis 2008, tout autant que par l'accueil de Suzanna, nous demandons à Ilir s'il est possible de rester une nuit de plus. Il accepte volontiers. Nous voilà avec un peu de temps supplémentaire pour arpenter la ville de fond en comble.

Berat est située sur une boucle de la riviÚre Osam et chaque rive abrite un quartier. Sur la rive gauche se trouve le quartier chrétien de Gorica. L'autre rive, celle sur laquelle nous logeons, abrite le quartier musulman de Mangalem ainsi que la Kala, une ancienne forteresse posée sur un piton rocheux. La ville nouvelle s'étend plus loin en amont et en aval de la riviÚre.

Pont piéton suspendu

Berat, Albanie du 22 au 24 mars 2022

Vers 9h le premier jour, un petit dĂ©jeuner copieux nous attend en terrasse. Au menu, nous trouvons pas moins de 6 plats sucrĂ©s et salĂ©s. Une salade de concombres, de tomates et d'olives, du fromage frais de brebis, de la confiture de prunes, des Ɠufs brouillĂ©s ainsi qu'un burek au fromage, sorte de galette d'origine turque dont l'appellation et la recette changent selon les pays. C'en est un peu trop pour nous. Nous en gardons pour le midi.

L'heure est venue de nous rendre Ă  la forteresse. La montĂ©e est rude, il y a presque 130 mĂštres de dĂ©nivelĂ©s pour seulement 800 mĂštres de longueur sur des pavĂ©s usĂ©s par le temps. Plus qu'un chĂąteau, nous dĂ©barquons dans une vraie ville fortifiĂ©e. Une fois la porte d'entrĂ©e monumentale passĂ©e, nous dĂ©couvrons avec Ă©tonnement tout un quartier. Nous retrouvons alors les mĂȘmes maisons ottomanes que dans la ville basse avec leurs fenĂȘtres si caractĂ©ristiques.

Vue d'ensemble de la ville haute et de la forteresse de Berat

La forteresse culmine encore plus haut. Nous y grimpons et rencontrons briĂšvement ÉlĂ©onore, une française qui parcourt l'Europe en camion amĂ©nagĂ©. Comme Ă  Kotor, il est possible d'explorer librement les ruines. J'ai particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© la visite de l'ancienne citerne ottomane. On se croit Ă  l'intĂ©rieur d'une cathĂ©drale, sauf qu'au fond, se trouve une eau d'une profondeur insondable. AprĂšs avoir fait un large tour des lieux et admirĂ© les magnifiques montagnes qui entourent la ville, nous redescendons dĂ©jeuner.

Ruines de la forteresse de Berat

Le soir, alors que le soleil disparaĂźt petit Ă  petit derriĂšre les montagnes, les mille fenĂȘtres s'illuminent Ă  nouveau. Nous admirons ce spectacle, une biĂšre Ă  la main, Ă  la terrasse du bar Antigoni.

Le second jour, le menu du petit déjeuner a un peu changé. Nous dégustons désormais une délicieuse confiture d'oranges, ainsi qu'une assiette composée d'un oeuf poché, de fromage frit et d'une saucisse (type knack) grillée.

Petit déjeuner copieux

Au programme de la matinée, la visite des quartiers chrétiens et musulmans. C'est aussi l'occasion pour nous d'admirer le pont piéton en pierre de Gorica, ainsi que la vue de l'église Saint Michel qui est perchée à flanc de falaise sous le piton rocheux du chùteau. Nous profitons l'aprÚs-midi de la cour intérieure de notre logement, qui est baignée par le soleil jusqu'à 15h. C'est l'occasion de partir à la chasse aux tortues. Le jardin héberge en effet quelques spécimens encore en hibernation. Une petite tortue à la carapace violette nous fait l'honneur d'émerger de son sommeil, tout ça pour aller se recoucher 50 centimÚtres plus loin.

En fin d'aprÚs-midi, je convaincs Clémence de remonter à la forteresse pour admirer le coucher du soleil. Nous nous retrouvons presque seuls là-haut et vivons un superbe moment hors du temps. Tandis que l'astre descend sur l'horizon, les montagnes enneigées au loin se teintent d'orange, puis de rose. C'est pour ce genre de moment que nous voyageons. Ces quelques belles images viennent clÎturer notre passage par l'ancienne cité de Berat.

ChĂąteau de Berat sous le soleil couchant

La forteresse Kala

Jour 49 đŸ‡ŠđŸ‡± - Les trajets en bus en Albanie

Aujourd'hui, nous partons à la découverte d'une deuxiÚme ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005. Pour cela, nous montons à nouveau à bord de notre transport favori en Albanie : le bus local.

Photo du bus local - En voiture Simone !

Rien que pour ces moments, je suis contente d'ĂȘtre partie en sac Ă  dos.

Il y a certes des points qu'on pourrait qualifier de négatifs mais qui font partie de l'expérience, comme les routes pas toujours goudronnées, les bus d'une autre époque et les trajets à rallonge. Mais le bus c'est surtout un sacré moment de vie.

Il faut avant tout parler du chauffeur, car bien plus qu'un simple conducteur, il se rĂ©vĂšle Ă©galement standardiste, postier et livreur. Toujours au tĂ©lĂ©phone, il ne s'arrĂȘte jamais. Les locaux montent et descendent n'importe oĂč, sans qu'on comprenne vraiment comment ils savent que tel bus passe Ă  telle heure devant chez eux. Attendent-ils depuis des heures ? Il y a aussi ceux qui arrĂȘtent le bus, non pas pour monter dedans mais pour dĂ©poser un colis : piĂšce auto, tĂ©lĂ©, tout y passe en Ă©change d'un billet. Subitement, le bus s'arrĂȘte tout en klaxonnant et quelqu'un sort de nulle part rĂ©cupĂ©rer son colis, en Ă©change d'un billet lĂ  aussi. Et puis, il y a ceux qui hĂšlent le bus mais il ne s'arrĂȘte pas. Et ça, on n'a toujours pas compris pourquoi.

Ici, les horaires son respectĂ©s. On part mĂȘme toujours avec quelques minutes d'avance alors il vaut mieux arriver tĂŽt Ă  la gare routiĂšre et guetter le bus pour qu'il ne parte pas sans toi. On a dĂ©jĂ  vu plusieurs fois des locaux courir aprĂšs le bus alors que leurs affaires Ă©taient dĂ©jĂ  dedans.

Tu payes en cash, au chauffeur. Tout le monde le mĂȘme prix, plutĂŽt abordable. En gĂ©nĂ©ral, le chauffeur rĂ©cupĂšre son dĂ» durant le trajet Ă  une station essence. Pourquoi ? Car il utilise immĂ©diatement l'argent collectĂ© pour payer l'essence Ă  la pompe. Pratique non ? Surtout vu les prix actuels...

On croise des Albanais plutĂŽt ĂągĂ©s ou plutĂŽt jeunes, jamais de touristes. Quant aux Albanais de notre Ăąge, ils semblent prĂ©fĂ©rer les voitures de luxe. Dans le bus, tout le monde parle avec tout le monde. Par exemple, une mamie va me parler pendant une demi-heure en albanais sans se rendre compte que je ne la comprends pas. Elle finira quand mĂȘme par lancer un « inglese?, tourist? », toujours avec le sourire. Et puis parfois, quelqu'un parle anglais Ă  bord et ça c'est vraiment chouette car il nous explique un peu mieux le trajet qu'on fait, ce qui se raconte ou par exemple qu'on va s'arrĂȘter prochainement sur une aire pour boire un cafĂ©.

Pause café avec vue sur les montagnes

Le bus permet aussi de découvrir les campagnes alentours. Tu ne roules pas vite en Albanie, alors tu as le temps de voir les champs d'oliviers à perte de vue, les cultures, les montagnes omniprésentes, les travaux sur les routes, les gens devant leur maison et les maisons pas finies avec les étages en attente de construction.

Concernant la route, je stresse pas mal, je sers les dents mĂȘme parfois mais je ne sais pas comment, ça finit toujours par passer. Adrien lui, dort toujours profondĂ©ment et gĂ©nĂ©ralement bercĂ© par ses podcasts.

Heureux d'ĂȘtre dans le bus

En cette fin de journée, et aprÚs toutes ces péripéties qui auront duré 3 heures pour faire 160 kilomÚtres, nous approchons de la ville de Gjirokastër.

Jours 49 Ă  51 đŸ‡ŠđŸ‡± - GjirokastĂ«r, la ville de pierre

Gjirokastër, Albanie du 24 au 26 mars 2022

Une demi-heure avant d'arriver Ă  GjirokastĂ«r, nous entrons dans la longue vallĂ©e du Drino proche de l'endroit oĂč il se jette dans la Vjosa. Le paysage autour de nous est de plus en plus beau au fur et Ă  mesure que le soleil dĂ©cline. De chaque cĂŽtĂ© de la vallĂ©e, des montagnes enneigĂ©es nous rappellent que le printemps n'est pas tout Ă  fait lĂ .

Le bus nous arrĂȘte Ă  la station essence de GjirokastĂ«r, un endroit pas vraiment accueillant au milieu du trafic. SitĂŽt nos sacs Ă  dos rĂ©cupĂ©rĂ©s, nous nous empressons de quitter le boulevard principal de la ville nouvelle afin d'escalader une plus petite rue qui mĂšne Ă  notre maison d'hĂŽtes.

Et ça monte ! La ville a en effet été construite sur le versant oriental du Mali i Gjerë, une chaßne de montagnes dont le plus haut sommet culmine à 1800 mÚtres d'altitude. Avec plus de 12 kilos sur le dos chacun, ce n'est pas une mince affaire d'arriver à destination. D'autant que plus nous nous rapprochons, plus le chemin se complique. La rue est en pleine rénovation, si bien que la chaussée goudronnée laisse vite place à un véritable chantier. Engins, tas de gravats, tranchées dans le sol, la montée devient une véritable course d'obstacles. Nous arrivons finalement devant un portail gris composé de neuf carrés, c'est bien la porte que notre hÎte nous a envoyé en photo.

Clémence l'ouvre et nous découvrons alors un joli jardin en terrasse avec une vue dégagée sur la colline voisine, couronnée par l'imposante forteresse de Gjirokastër. Au niveau inférieur de la maison, un homme plutÎt ùgé semble nous attendre. Il ne parle pas un mot d'anglais, pas plus que sa femme qu'il appelle pour qu'elle vienne nous montrer notre chambre. Celle-ci est sommaire, peu équipée, mais assez grande pour nous deux et surtout propre et chaude, ce qui est un critÚre important lorsqu'on dort dans les montagnes.

Soleil couchant

L'heure du repas approche et j'ai faim ! Les quelques kritsinias mangés dans le bus ne m'ont pas vraiment calé. Nous reprenons donc notre ascension en direction des quartiers du bazar et du vieux bazar. La vieille ville se trouve tout en haut, et le restaurant que j'ai repéré, la Taverna Tradicionale, se situe à son sommet. La montée est trÚs rude, mais l'accueil est fabuleux. Verres aprÚs verres, plats aprÚs plats, parfois commandés, souvent offerts, nous ressortons quelques heures plus tard enchantés et un peu titubants aprÚs un dernier verre de raki.

Mets divers et variés à la Taverna Tradicionale

Un soleil radieux baigne la terrasse le matin de notre 50Ăšme jour de voyage. Le temps est vraiment parfait depuis quelques jours. On a mĂȘme laissĂ© tomber les vestes et ça fait un bien fou. Aujourd'hui nous avons prĂ©vu de grimper jusqu'au pont d'Ali Pasha, quelques centaines de mĂštres plus haut dans la montagne. Ali Pasha de Janina, c'est un sacrĂ© bonhomme dans la rĂ©gion. Gouverneur de la rĂ©gion de l'Épire pour le compte de l'Empire ottoman et chef de guerre accompli, il a bravĂ© tour Ă  tour les empires français et ottomans. De nombreuses lĂ©gendes entourent son histoire. Certains ont mĂȘme Ă©tĂ© repris par Alexandre Dumas.

Nous prenons le chemin du quartier historique. Des musiques se font entendre, de plus en plus fortes. Le bazar atteint, nous sommes Ă©tonnĂ©s du monde prĂ©sent autour de nous en ce vendredi matin. Un dĂ©tail nous interpelle, il y a beaucoup d'enfants de tous Ăąges, et ils sont tous dĂ©guisĂ©s. Puis la foule grossit et il devient difficile d'avancer. Une estrade semble ĂȘtre installĂ©e au carrefour de quatre routes. On s'approche tant bien que mal au son trĂšs fort de la musique. Sur la scĂšne, des adultes, probablement des professeurs, invitent les enfants des diffĂ©rentes Ă©coles Ă  venir prĂ©senter tour Ă  tour un spectacle de danse ou de chant, traditionnel ou moderne. Des confettis volent, on se croirait en plein carnaval. Soudain, un paramoteur sorti de nulle part nous survole sous un tonnerre d'applaudissements. On se laisse prendre par l'ambiance, entourĂ©s de petits et de grands.

Carnaval de Gjirokastër

AprÚs cet interlude festif, on décide de poursuivre notre chemin en suivant les indications de Maps.me et nous nous retrouvons à nouveau devant la Taverna Tradicionale. Le serveur de la veille nous reconnaßt et nous renseigne, avec le sourire, sur le meilleur itinéraire à emprunter pour rejoindre le pont. Nous prenons tous ses conseils et commençons à quitter les routes goudronnées pour atteindre des chemins de terre. La forteresse se trouve bien en dessous de nous maintenant, ce qui nous offre un beau panorama. Notre progression est lente à cause des nombreuses pierres sur le chemin. Seules les chÚvres sont de la partie. Elles sont bien plus à l'aise que nous d'ailleurs.

Forteresse de Gjirokastër

Quelques minutes plus tard, nous finissons par arriver au pied de ce fameux pont. Il s'agit en fait d'une partie de l'aqueduc qu'a fait construire Ali Pasha au dĂ©but du 19Ăšme siĂšcle. Il permettait de remplir les citernes de la forteresse en acheminant l'eau depuis le Mont Sopot, situĂ© Ă  une dizaine de kilomĂštres de lĂ . Il a malheureusement Ă©tĂ© dĂ©moli en grande partie en 1932 et seul subsiste ce pont qui permet de nos jours de relier les deux flancs de la montagne. Le cours d'eau est Ă  sec en ce mois de mars, mais peut-ĂȘtre que la fonte des neiges va le raviver.

Ali Pasha de loin

Ali Pasha de prĂšs

Sur le pont d'Ali Pasha - 50ùme jour de voyage 🎉

L'endroit est assez magique et trĂšs ressourçant. On a l'impression d'ĂȘtre seuls au monde avec les vestiges du passĂ©. Bravant le vent, Adrien lance le drone afin d'immortaliser l'instant. Il est ensuite temps de rebrousser chemin. Avec le gargantuesque dĂźner de la veille, nous sommes partis de notre maison d'hĂŽtes le ventre est vide et il est l'heure d'y remĂ©dier.

C'est la premiÚre fois que nous séjournons dans un logement sans cuisine, alors nous devons chercher un lieu pour déjeuner. L'aprÚs-midi est déjà bien avancée mais ce n'est jamais un problÚme en Albanie. On trouve toujours de quoi se sustenter quelle que soit l'heure. Nous poussons la porte d'Edua, une boutique de produits locaux au rez-de-chaussée qui fait aussi restaurant à l'étage. Nous y goûtons notamment la fergese, un plat traditionnel à base de tomates, poivrons et salade de ricotta. TrÚs bon (et pourtant, je déteste les poivrons).

Nous profitons de notre derniÚre soirée ici pour faire un dernier tour là-haut. Le soir venu, la ville de Gjirokastër se transforme. Les boutiques de souvenirs ferment et laissent place à d'autres commerces. En ce vendredi soir, un DJ a élu domicile devant l'un des bars et c'est toute une rue qui se transforme en piste de danse. Le son est tonitruant et nous connaissons chaque chanson des années 2010.

Rue illuminée de Gjirokastër

Ambiance nocturne de Gjirokastër

GjirokastĂ«r est une ville qui a su rapidement nous sĂ©duire, en particulier ses quartiers historiques. Tout comme Berat, elle est classĂ©e Ă  l'UNESCO et nous avons trĂšs vite compris pourquoi. Les murs et les toitures de ses maisons sont traditionnellement faits de pierre ce qui la rend vraiment atypique et lui doit son surnom de « ville de pierre ». On a beaucoup apprĂ©ciĂ© le fait que la vieille ville soit toujours habitĂ©e par les Albanais. Un des facteurs qui l'explique, c'est qu'ici, les rues sont larges. Voitures et bus peuvent ainsi monter jusqu'en haut. À pied, il est vrai que la ville nĂ©cessite une sacrĂ©e condition physique.

Vue sur les maisons de pierre de Gjirokastër

Demain, un bus nous amĂšnera jusqu'Ă  SarandĂ«, Ă  deux pas de la frontiĂšre grecque. À nous la fĂȘta =)

Jours 51 Ă  56 đŸ‡ŠđŸ‡± - SarandĂ«, la station balnĂ©aire

Sarandë, Albanie du 26 au 31 mars 2022

Sarandë (ou Saranda), c'est LA station balnéaire du coin. Une bonne semaine d'orages est prévue, alors on a décidé de se poser ici pendant 6 jours et aprÚs nous aviserons.

Pourquoi Sarandë ?

  • Nous voulons voir la cĂŽte albanaise que nous n'avons pas encore dĂ©couverte.
  • C'est facilement accessible en bus.
  • Le logement que nous avons trouvĂ© ici, un appartement entier avec terrasse et lave-linge, est Ă  11€ la nuit. C'est idĂ©al pour se reposer et recharger les batteries.

Nous arrivons en tout début d'aprÚs-midi dans un centre-ville en effervescence. Ici, pas de gare routiÚre, les bus et les taxis se garent le long du trottoir pour prendre et déposer des passagers. Nous avons à peine le temps de mettre nos sacs à dos que nous tombons nez à nez avec un jeune homme et ses jumeaux avec qui nous avons sympathisé deux jours plus tÎt dans le bus Berat - Gjirokastër. Le monde est petit.

Nous posons ensuite nos sacs à l'appartement et profitons de cette magnifique aprÚs-midi pour nous balader le long des plages et sur la grande riva. Il y a du monde aujourd'hui. Certains déambulent une glace à la main, tandis que d'autres boivent un café en terrasse face à de drÎles de bateaux pirates au mouillage dans la baie. Juste en face de nous, à environ une heure en ferry, l'ßle de Corfou nous donne un premier aperçu de la GrÚce.

Plage à Sarandë

Le lendemain, on se rĂ©veille un peu dĂ©phasĂ©s : ici aussi, on passe Ă  l'heure d'Ă©tĂ©. On reste pour l'instant sur le mĂȘme fuseau horaire que la France. Comme prĂ©vu, le temps commence Ă  se gĂąter. Nous ressortons les kways et prenons la direction de la forteresse de SarandĂ«. Une heure et beaucoup de dĂ©nivelĂ©s plus tard, nous atteignons le point culminant de la ville. Nous dĂ©couvrons d'abord le phare qui se dresse au milieu de plusieurs bunkers, puis nous atteignons le chĂąteau de LĂ«kurĂ«s et son allĂ©e couverte de pĂąquerettes. RĂ©novĂ© rĂ©cemment, il abrite un cafĂ©-restaurant et offre un panorama assez incroyable sur la baie de SarandĂ« d'un cĂŽtĂ© et sur une grande plaine cultivĂ©e de l'autre, avec comme toujours des montagnes au loin.

Phare de Sarandë

Chùteau de Lëkurës

Nous passons les jours suivants à découvrir les alentours à pied, à commencer par la ville. Nous avons la chance de loger dans une rue qui vit aussi hors saison. Nous apprécions cette petite vie de quartier avec ses épiceries, ses boutiques et ses cafés. Nous découvrons de bonnes adresses. La premiÚre est le bar-restaurant Haxhi, qui s'avÚre parfait pour prendre un verre ou un café, accompagné de généreux tapas offerts, le tout dans une ambiance et une déco à l'américaine. En bonus, il est possible d'admirer la vue sur la baie de Sarandë et l'ßle de Corfou (sauf quand il pleut, comme pour nous). Dans un autre style, on a beaucoup aimé la cantine Te bequa, pas chÚre et en plein centre-ville. Les plats sont bons sans fioritures et surtout à la bonne franquette. Et comme c'est une cantine, ils sont tous en vitrine ce qui permet de ne pas se tromper.

Sarandë est une station balnéaire trÚs touristique et une grande partie du front de mer est de fait constituée de nombreux hÎtels, de beaucoup de béton et d'énormément de bùtiments en construction.

Maison en construction

Le charme de la ville se perd un peu dans toutes ces constructions anarchiques. À l'inverse, dĂšs qu'on s'en Ă©loigne, on dĂ©couvre une cĂŽte peu habitĂ©e, avec des petites criques, des tekke bektachi et des moutons, Ă©videmment.

CÎté nature

Une petite parenthĂšse sur le bektachisme s'impose, ordre religieux que nous avons dĂ©couvert au hasard de nos pĂ©rĂ©grinations. « Le bektachisme est un ordre religieux ésotérique dĂ©rivĂ© du soufisme, une voie spirituelle et mystique de l'islam sunnite. Comme les autres personnes musulmanes, les bektachis croient en Allah et vénèrent le prophète Mahomet. Mais elles et ils s'écartent des sunnites en vĂ©nĂ©rant Ă©galement l'imam Ali, gendre et cousin du prophète de l'islam considéré comme le roi des saints et le guide spirituel – Ă  l'instar des chiites. » Élodie Toto - Le bektachisme, l'islam «cool» qui sĂ©duit l'Europe

Tekke bektashi

Le bektachisme possÚde des rites et cérémonies qui lui sont propres. Les bektachis ne sont par exemple pas tenus de jeûner durant le mois du Ramadan. Leur lieu de culte s'appelle un tekke. Celui que nous avons visité est composé d'un grand hall central magnifiquement meublé et décoré, qui mÚne à des piÚces périphériques. Un des aspects que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est que le bektachisme prÎne la mixité hommes-femmes. Ainsi, celles-ci ne sont pas exclues des cérémonies, ni tenues de porter le voile.

Ces quelques jours nous permettent aussi de planifier la suite du voyage. La météo nous déboussole un petit peu. Devons-nous rester plus longtemps en Albanie ? Passons-nous la frontiÚre maintenant ? Et d'ailleurs, avec quel moyen de transport cette fois-ci ?

C'est ça aussi le voyage, il faut parfois prendre une demi-journée pour chercher et étudier tous les trajets possibles, les logements et arriver à tout faire concorder tant bien que mal. On te laisse un peu de suspense pour la suite de notre itinéraire, mais ce qui est sûr c'est qu'on a décidé de s'offrir une derniÚre étape albanaise.

Baie de Sarandë

Jours 56 Ă  59 đŸ‡ŠđŸ‡± - Ksamil et parc national de Butrint

Ksamil, Albanie du 31 mars au 03 avril 2022

AprÚs ces quelques jours de repos, nous reprenons la route mais nous n'allons pas trÚs loin. Un petit bus, allemand cette fois-ci, fait le trajet Sarandë-Ksamil-Butrint tous les jours, une fois par heure.

Sac Ă  dos harnachĂ©s, nous nous rendons Ă  l'arrĂȘt en face du SOS bar et montons dans le bus de 11h30. Ce qui est bien avec Maps.me, c'est que tous les arrĂȘts de bus sont rĂ©fĂ©rencĂ©s. Il y a parfois mĂȘme les tarifs. Cela nous permet de toujours prĂ©parer nos petites coupures Ă  l'avance, car ici 1€ correspond Ă  environ 122 lek. Les montants sont vite dĂ©cuplĂ©s. Nous remarquons aussi que tous les prix indiquĂ©s sur Maps.me sont en rĂ©alitĂ© augmentĂ©s d'un tiers, trĂšs probablement dĂ» Ă  l'augmentation de l'essence et du coĂ»t de la vie.

Le trajet est rapide et animĂ©, comme toujours. On a rencontrĂ© une allemande Ă  l'arrĂȘt de bus et nous sommes les trois seuls touristes. On commence Ă  avoir l'habitude. On s'arrĂȘte Ă  Ksamil Ă  une quinzaine de kilomĂštres plus au sud. La ville semble bien plus petite que SarandĂ«. Les grands immeubles ont laissĂ© place Ă  de plus petites vila de deux ou trois Ă©tages avec des jardins. Notre appartement pour les trois prochaines nuits se trouve justement dans l'une d'entre elles, la Vila Enxhi. Nous dĂ©couvrons un grand studio, refait Ă  neuf avec balcon et billard, sous lequel vadrouille un mignon petit lapin.

Vue de Courfou depuis Ksamil

Orages, vent et pluie sont au programme de la journĂ©e, ce qui ne nous empĂȘche pas de profiter des quelques moments de beau relatif pour nous promener sur la cĂŽte. Il nous suffit de nous abriter sous les bars de plage en hivernage pour Ă©chapper aux averses. Ksamil est une petite bourgade balnĂ©aire agrĂ©able avec de magnifiques plages de sable fin (enfin !). Il y en a une dizaine, rien qu'Ă  Ksamil, toutes plus belles les unes que les autres. Pour complĂ©ter ce cadre idyllique, nous apercevons juste en face de nous plein de petites Ăźles. Il fait pas si froid mais l'orage nous dissuade de la trempette. On peut facilement s'imaginer l'ambiance estivale ici entre les restaurants, les bars de plage, les pĂ©dalos et les chambres Ă  touristes. Franchement, on prĂ©fĂšre Ksamil Ă  SarandĂ«.

Une plage paradisiaque 🌮

Parc national de Butrint, 1er avril 2022 🐟

Pour ĂȘtre honnĂȘtes, nous ne sommes pas venus Ă  Ksamil pour ses plages paradisiaques. À vrai dire, je (ClĂ©mence) ne savais mĂȘme pas qu'il y en avait, mais ce fut une trĂšs belle surprise. Nous sommes ici car Ă  5 kilomĂštres, au bout de la ligne de bus que nous avons empruntĂ©e hier, se trouve Butrint, le site touristique culturel le plus visitĂ© d'Albanie.

Le temps est toujours trĂšs menaçant, alternant entre pluie et Ă©claircies, ce qui nous dĂ©cide pour prendre le bus. Nos kways ne nous ont jamais autant servi. Vive le dĂ©but du printemps ! Nous retrouvons le mĂȘme chauffeur que la veille et, en mĂȘme pas 10 minutes, nous voilĂ  arrivĂ©s. Au premier abord, on ne s'en rend pas trop compte Ă  cause de la pluie et du brouillard. Nous sommes trempĂ©s et mes lunettes m'empĂȘchent de voir quoi que ce soit (ClĂ©mence bien sĂ»r). On s'abrite tant bien que mal Ă  l'entrĂ©e du parc.

Clémence au milieu des ruines et des fleurs

Butrint est une ville antique portuaire dont la fondation remonte au VIIIĂšme siĂšcle avant JC. Son histoire est riche mĂȘlant plusieurs civilisations et nous avons hĂąte d'explorer ses vestiges. Il faut d'abord nous acquitter de notre dĂ» : 1000 lek l'entrĂ©e chacun, soit environ 8,20€, ce qui reprĂ©sente une sacrĂ©e somme pour l'Albanie. Les Albanais ne doivent dĂ©bourser que la moitiĂ©, heureusement pour eux.

Printemps Ă  Butrint (probablement la meilleure saison)

À l'entrĂ©e, un grand nombre de brochures sont prĂ©sentes dans pas mal de langues. Nous sommes bien contents d'en trouver une en français. On commence Ă  la lire Ă  l'abris en attendant que la pluie se calme. C'est d'ailleurs Elza qui l'a rĂ©digĂ©e lorsqu'elle Ă©tait guide ici. Merci Ă  toi pour tous tes conseils sur l'Albanie.

Ancienne porte de Butrint

Ruines de la basilique de Butrint

Selon la mythologie, la ville antique a Ă©tĂ© fondĂ©e par des troyens fuyant la chute de Troie. Les fouilles archĂ©ologiques attestent de fortifications datant du IVĂšme siĂšcle avant JC. Par la suite, Butrint est devenu un lieu de culte dĂ©diĂ© Ă  AsclĂ©pios, dieu de la mĂ©decine. Jules CĂ©sar et Auguste l'ont transformĂ© en colonie romaine, ce qui a permis un essor important de la ville. Le lieu est assez stratĂ©gique puisque situĂ© sur la route principale vers la mer Adriatique. Plus rĂ©cemment, Ali Pasha, encore lui, s'est installĂ© Ă  cĂŽtĂ© en y construisant un chĂąteau afin de protĂ©ger la rĂ©gion des attaques françaises (merci NapolĂ©on đŸ‡«đŸ‡·). Butrint est classĂ© au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992.

Théùtre antique de Butrint

Mosaïque bien cachée

Le site est splendide, sauvage et trĂšs riche. Nous sommes presque seuls et l'atmosphĂšre mystique est accentuĂ©e par cette mĂ©tĂ©o menaçante. Pendant quelques heures, nous dĂ©ambulons entre d'anciennes colonnes et fortifications, un thĂ©Ăątre antique, une tour vĂ©nitienne et les ruines d'une ancienne basilique, le tout au milieu des pĂąquerettes, des fleurs de printemps et des tortues ❀. Nous avons adorĂ©.

Mur d'enceinte de Butrint

Jour 59 đŸ‡ŠđŸ‡± - Retour Ă  SarandĂ« et dĂ©part d'Albanie

L'Albanie c'est fini !

Nous y avons passĂ© 25 jours haut en couleurs et repartons avec mille souvenirs en tĂȘte. L'Albanie est rĂ©ellement notre plus belle dĂ©couverte de ce dĂ©but de voyage. Au travers de ces quelques mots, nous essayons de transcrire honnĂȘtement nos impressions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Tout n'Ă©tait pas parfait, beaucoup de choses sont Ă  construire et Ă  amĂ©liorer, mais en fin de compte, nous ne retiendrons que le meilleur. Nous avons adorĂ© ce pays et ses habitants et on ne peut que t'encourager Ă  t'y rendre et Ă  toi aussi vivre l'expĂ©rience albanaise.

Résumé de l'Albanie en claquettes

Tu l'as compris, c'est avec un petit pincement au coeur que nous quittons le pays. La route épicée de l'Orient nous appelle, mais avant de mettre les voiles plein est, nous gardons encore un peu le cap vers le sud.

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Merci d'avoir lu jusqu'au bout ❀

Le printemps arrive, il est temps de repartir Ă  l'aventure. Trois heures de bus nous amĂšnent en GrĂšce.

Plus qu'un blog voyage, nous partageons nos péripéties au fur et à mesure de notre aventure comme on les vit, avec passion et sincérité. Si tu veux nous adresser quelques mots, tu peux nous contacter sur nos pages Instagram : Clémence et Adrien.

Clémence et Adrien